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Haïti : le Grand Sud et le Nord accueillent près de la moitié des déplacés internes à la recherche de solutions durables
Vant Bèf Info (VBI). Vant Bèf Info (VBI) – vien de publier cet article
Une nouvelle étude met en lumière les efforts d’intégration des personnes déplacées internes (PDI) dans le Grand Sud et le Nord d’Haïti. Réalisée du 17 au 30 décembre 2025, l’enquête analyse les progrès réalisés ainsi que les obstacles qui empêchent encore des milliers de familles de retrouver des conditions de vie stables.

Selon les résultats de l’étude, environ 682 000 personnes déplacées internes, soit 47 % de l’ensemble des PDI du pays, vivent actuellement dans les départements du Sud, du Sud-Est, de la Grande’Anse, des Nippes et du Nord.
Parmi ces déplacés, 39 % se trouvent dans le Grand Sud et 8 % dans le Nord. La majorité a quitté la région métropolitaine de Port-au-Prince en raison de l’insécurité et des violences armées.
Le Grand Sud figure parmi les zones les plus stables
Cette étude s’inscrit dans le cadre des travaux menés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur les déplacements internes et les solutions durables.
L’indice de stabilité établi dans le rapport place le Sud-Est en tête avec un score de 88 sur 100. Les Nippes obtiennent 87 points, le Sud 85 points, le Nord 84 points et la Grande’Anse 81 points.
Ces résultats contrastent avec d’autres départements fortement touchés par les crises, notamment l’Ouest avec un score de 60, le Centre avec 69 et l’Artibonite avec 76.
La majorité des déplacés ne prévoit pas de retour
L’étude révèle également un changement important dans les perspectives des familles déplacées. Près de 65 % des personnes interrogées déclarent ne pas envisager un retour dans leur zone d’origine.
Cette situation renforce l’importance de l’intégration locale comme solution durable pour les milliers de personnes qui reconstruisent leur vie dans de nouvelles communautés.
Pour analyser leurs conditions de vie, les chercheurs ont interrogé 1 625 ménages, dont 817 ménages déplacés et 808 ménages issus des communautés d’accueil.
Cette comparaison permet de distinguer les difficultés directement liées au déplacement de celles qui touchent l’ensemble des populations locales.
Cinq priorités pour une intégration durable
L’étude s’appuie sur cinq critères majeurs définis par le Comité permanent interorganisations (IASC) pour mesurer les solutions durables :
l’accès au logement, aux terres et aux propriétés ;
les moyens de subsistance ;
le regroupement familial ;
la participation aux affaires publiques ;
l’amélioration du niveau de vie, notamment l’accès aux soins, à l’alimentation et à un logement décent.
Les résultats montrent que la Grande’Anse reste le département le plus vulnérable concernant ces critères. Elle est suivie du Sud-Est et des Nippes.
Ces trois départements apparaissent comme des zones prioritaires pour la mise en place de programmes d’accompagnement destinés aux déplacés et aux communautés d’accueil.
Vers une politique nationale sur les déplacements internes
Les auteurs du rapport recommandent à l’État haïtien d’adopter un cadre national de référence sur les solutions durables.
Selon eux, ce mécanisme permettrait de mieux coordonner les interventions, de suivre les progrès réalisés et de renforcer l’intégration des familles déplacées.
L’étude souligne aussi la nécessité d’investir dans les communautés d’accueil. Certaines difficultés ne sont pas uniquement liées aux déplacements, mais résultent de problèmes structurels qui affectent l’ensemble de la population.
Alors que de nombreux déplacés souhaitent reconstruire leur avenir dans leurs nouvelles communautés, cette étude constitue un outil important pour orienter les politiques publiques et les actions humanitaires en Haïti.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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